Forum de la guilde RP Le Talandra, Navire marchand des mers d'Azeroth, sur le serveur Kirin Tor du MMORPG World of Wacraft.
 
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 L'en-vol

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Niamh
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MessageSujet: L'en-vol   Jeu 15 Nov - 9:48

Une pression pointue entre les deux omoplates se fit sentir, interrompant mes mouvements, me faisant raidir le dos.

- Lève les mains lentement où t'es mort.


STOP LA. STOP ! Revenons un peu avant, quand tout allait encore bien. Avant que tout dérapes. Avant ce tournant de mon existence.

J'avais repéré cette maison bourgeoise depuis quelques temps déjà, suivi ses propriétaires, avais trouvé divers moyens pour visiter le hall de la demeure, prétextant un message à donner que j'avais acheté au vrai coursier pour quelques pièces de cuivre.
J'avais soigneusement surveillé les allées et venues, et pris connaissance des habitudes.

Je savais que les maitres de la demeure serait absents plusieurs jours, en visite à des cousins à quelques lieues de là. Et tous les domestiques sauf les deux plus anciens profiteraient de ce répit pour prendre un congé, s'ils ne partaient pas avec leur employeur.

Les deux seuls restant se coucheraient tôt, et, par chance, le temps tournait à l'orage.

C'était LE moment parfait.

J'avais tout calculé. si si. J'avais même su quel serrurier ils avaient embauché quelques mois plus tôt, pour quel modèle de coffre. Forcément, au prix de l’œuvre, loin de garder l'ouvrage dans la discrétion, celui ci avait fait parler.

J'en rêvais. Je voyais des coffres me narguer la nuit. J'entends le doux cliquetis de la serrure chanter dans ma tête.

Non je ne suis pas folle ! Tout bon serrurier professionnel légal ou illégal vous le dira. Les serrures sont musicales, elle chantent, elles fredonnent. Tendez l'oreille !
"clic clic clic claaaaac, clic clic clic claaac"

Et ce doux murmure ne s’arrêtait plus de résonner.

Une fois la nuit bien noire, je me glissais dans la petite cours de la grande demeure : une maison de maitre agrandie si souvent qu'elle en prenait la taille d'un petit manoir.

L'orage grondait, les éclairs fracassaient le ciel, et la pluie martelait le sol violemment. Traduisez ceci par : pas de traces, pas de bruits.

Emmitouflée dans une longue cape huilée, je m'approchais avec prudence de la grande porte.
Au chant d'un rossignol, elle me laissa entrer sans sourciller, sans même un murmure. Heureux les maîtres avec des serviteurs efficaces et zélés qui, régulièrement, graissaient les gonds pour ne pas abîmer les oreilles fragiles des gros benêts !

Pliant soigneusement ma cape dans un coin, et retirant mes chaussures trempées, je passais alors des chaussons de cuir fin, et, sac sur le dos, je pris le chemin du bureau.
Les couloirs étaient déserts et froids. Les maitres absents, personne n'avait voulu se déranger pour réchauffer les pièces inutilisées et leurs dépendances.

Un ronflement joyeux résonna quand je passais devant une lourde porte, me rassurant alors.
Un escalier et 3 couloirs plus tard, et j'étais dans un cabinet de travail sobre mais efficace et au confort relatif.

Derrière un tableau qui n'avait d’œuvre que la prétention, je découvris mon bonheur.
Comme un amant alangui il m'attendait, et j'allais le faire soupirer.

A la seule lueur des éclairs, puisque de toute façon seule l'oreille pouvait servir, je m'attelais à la tâche.

En dehors de mon oreille collée à la porte de fer du coffre, l'orage et la pluie occultait tous les bruits de la maison.

J'étais passionnée, presque fiévreuse. Le plus beau des coffres était là, avec moi, et tout contre lui, je l'écoutais respirer et fredonner.
Clic clic clic clac... clic clic cli..

_________________
"Eh ! De quoi est-ce qu'on parle là ? De celui qui m'a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est  ? De grâce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie qu'on m'en dise. N'est-il point caché là parmi vous ?" (l'Avare, Molière)
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Niamh
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MessageSujet: Re: L'en-vol   Jeu 15 Nov - 11:42

Une pression pointue entre les deux omoplates se fit sentir, interrompant mes mouvements, me faisant raidir le dos.

- Lève les mains lentement où t'es mort.Cette simple phrase avait allure de sentence.
La milice, déjà ? La garde ?
Plus fort que le tonnerre, mon cœur battait à tout rompre, et mes mains se levèrent doucement, à regret.

Une main brusque me saisit par le bras, me relevant, en me rejetant presque en arrière, et je pu enfin les voir entre deux éclairs.
Je ne les avais pas entendu venir... l'orage et la pluie m'avaient trahis... et aidé aussi mes nouveaux ennemis à partir sans bruit jusqu'à moi.
De ce que j'en ai vu alors, c'était des hommes au visage froids voir impassibles, la poigne ferme, la main rugueuse, et... armés. Je cru voir quelques dagues, plusieurs épées.

Pas de tabard, pas de trucs miroitants, pas d'uniformes. J’eus un regain d'espoir. Et puis, un murmure d'un gars a un autre, assez fort pour couvrir la pluie... trop fort pour que je n'entendis rien.

- ...client ... pas de témoin... on s'occ... de lui ?
- Dès ... fini.



Et là... comment dire ?

Tout un tas de choses qui passent à ce moment précis dans la tête.
La première : je suis trop jeune pour mourir.
La seconde : mourir avant mon heure de gloire ? jamais !
La troisième : Pitié... Lumière, Elune, Dieux très anciens, Grandes Ombres, Esprits, Destin.. Fortune... qui ais-je oublié ? N'importe-qui !! aidez-moi !!!

Je n'ai jamais eu le coeur à la prière, à la foi, où simplement même à la religion... mais là maintenant j'aurai offert mon âme pour un demi sous de cuivre, si ça pouvait me sauver.
J'ignorai valoir si peu jusque là. Mais je savais une chose : JE NE VOULAIS PAS MOURIR.

- Merde ! Chef... pas moyen de l'ouvrir c'coffre... si on fait sauter, c'est tout qui va sauter avec.

BINGO !

Je tenais mon salut. Enfin... j'espère....

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Jeu 15 Nov - 11:55

- Mais... moi.. je peux l'ouvrir...

Ma voix me sembla si frêle, si chétive, si douce.... une voix de fille effrayée quoi.
J'entendis les rouages s'emboiter et tourner dans la cervelle de "chef".

- Ouvre-le.
- Non.
(non ? comment ça non ? mais ouvre-lui imbécile ! fait pas l'idiote ! non... et bien non ! )

La petite silhouette se redressa de toute sa hauteur. Foutu pour foutu, autant faire une sortie avec panache. Arrêteuh de trembler bordel ! Allez, ils sont grands, tu es petite, ils sont forts, tu es faible, ils sont stupides, tu es maline !

- Ouvre le où on te tue.
- Vous allez me tuer de toute façon. Donc je ne vois pas pourquoi je vous aiderai, en me fatiguant, alors que faire quelque chose ou pas, reviens au même.
- Il y a des moyens de faire coopérer, petit.
- Il faut du temps et un lieu calme pour ça. Parce que je pourrais hurler. Et puis, c'est se déranger pour si peu au final, alors que... on peut s'arranger.


Un silence. Je repris mentalement ma litanie : Lumière, Elune, Dieux des voleurs, grands serruriers tout puissants... j'en invente... mais sincèrement, je m'en balance. Tant que ça marche.

- Tu veux quoi ?
- Ma vie.
- Témoin. Le client ne veut pas de témoins.
- Je ne suis plus un témoin si je travaille pour vous.
- Travailler pour... ?
- Oui. Je garde la vie et je travaille pour vous. Donc je ne suis pas un témoin... et vous gagnez un bon serrurier. Je mange pas beaucoup, je prends pas de place, je suis économique, et je ne demande même pas de salaire.


J'avais débité tout ça d'une voix que j'espérais ferme et volontaire. Têtue et emmerdeuse, on m'a dit plus tard.

Nouveau silence.

- T'ouvre le coffre, on t'emmène avec nous, et le patron décide.
- D'accord.


Pour le moment, c'était pas trop mal... je retrouvais mon premier amour de fer, je gardais la vie, et peut-être une nouvelle carrière... Si on ne me tuait pas avant, évidemment.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Jeu 15 Nov - 14:17

Je profite de ce temps où ce coffre fut ouvert, et où je suivis ces hommes vers ma destinée pour recadrer un peu qui je suis.

En fait, j'en sais peu.

Nìamh. Mon prénom c'est Nìamh. Cela veut dire brillante.
Brillante comme un sous neuf, comme une pièce d'or lustrée, comme le reflet de l'argenterie. Bref, vous m'avez comprise.
C'est un prénom aux consonances Gilnéenne. Et comme j'habitais là-bas, ça m'avait toujours paru logique.

Mon nom ? Je l'ignore. J'ai pris le nom de ma famille d'adoption, les Tìrnan.
Quand je fus assez grande, comme tous les sales gosses en manque de racines, je posais les mauvaises questions.
Qui était mon père ? qui était ma mère ? Avais-je une vraie famille ? Des frères, des sœurs ? Comment je m'étais retrouvée là ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

A force d'insister, je finis par en apprendre un peu.

Déjà mes questions dérangeaient.
Ensuite, ils en savaient peu eux-même.
J'ai fini par conclure qu'on les avait payé ou qu'on les payait encore, pour me garder.

Histoire qu'enfin je me taise, ils finirent par me dire : Ton père est un meurtrier, il a tué ta mère, et t'aurait tuée aussi. Alors ferme là et sois contente de ton sort.

Ferme là et sois contente de ton sort.

C'était mal me connaitre.

Déjà me taire, à part quand je taquine les serrures, j'ai un peu de mal. Si les créateurs nous ont donné le moyen de nous exprimer, ce n'est certes pas pour qu'on fasse silence.

Et contente de mon sort... Je serai contente de mon sort, le jour où je serai allongée sur la plage, au soleil, cocktail en main et assez d'or plein les poches pour pouvoir acheter un rêve. Dans ma misère actuelle, vous pensez bien que j'en étais loin.

Et puis, vous savez, quand on dit ça a un gosse... il ne pourra jamais le prendre pour argent comptant. Non. Il faudra forcément qu'il imagine une suite, un précédent, des conséquences. Et j'étais comme tous les gamins.

Mon père m'avait donc privé de ma mère, il avait souhaité la mort de sa fille, il l'avait dépossédé de ses droits et ses biens aussi miséreux soient-ils. Très bien. Retrouvons donc ce père inconnu. Vengeons-nous !

Finalement ça donne un objectif à la vie. Un but pour avancer. C'était parfait. Et je rêvais déjà de gloire, de fortune et... de vengeance.

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Narration

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Dim 30 Déc - 0:29

La petite silhouette de l'adolescente emmitouflée dans sa cape huilée était soigneusement encadrée de ces gars à la mine patibulaire.
Elle tremblait de froid, mais pas seulement. Tout n'était pas gagné loin de là. Le patron déciderait avaient-ils dit. L'avenir se jouait sur cette unique rencontre.
Même plus armée de son maigre sac avec les quelques outils qu'elle avait pris et sa paire de chausson, le sac ayant été récupéré par un des mercenaires, elle n'avait aucune chance de pouvoir s'enfuir. Ils connaissaient leur métier.

3 lieues plus loin, on la mit sur un cheval. L'expérience aurait pu être agréable.. si celui qui était monté derrière elle ne sentait pas le bouc mariné. Et puis... rapidement, elle eut le derrière douloureux par la selle et les cahots du trot. Comme balade romanesque on pouvait faire mieux.

Ils chevauchèrent quelques heures, et la jeune fille finit par s'assoupir à moitié, le dos reposant contre le cuir rigide de l'armure de l'homme. Ils s'arrêtèrent enfin à l'écart d'un petit village, dans une vieille ferme presque croulante de fatigue.
Engourdie, un des types vint l'attraper, comme on attrape les enfants, par les deux épaules pour la soulever et la poser à terre. Cette fois, il lui tint le bras, et l'emmena sans un mot à l'intérieur de la bâtisse.
Après avoir passé une entrée glaciale, il ouvrit une porte. La chaleur de la pièce rougit immédiatement les joues de Nìamh. La poussant devant lui, le mercenaire la fit entrer. La salle n'était pas vide.

Au centre de la pièce plutôt poussiéreuse trônait une table, ce genre de meuble au plateau épais et aux pieds robustes, flanquée de bancs, le tout quasiment impossible à remuer. La principale source de chaleur et de lumière était l’âtre massif bâti sur le mur à gauche de l’entrée, quelques bougies rajoutées ça et là peinant à illuminer le reste de la salle.
L’ambiance aurait peut-être pu être chaleureuse, si l’on éclipsait les occupants des lieux, trois autres hommes aux allures de briscards et en tenue de cuir, un affalé sur un siège, les deux autres debout autour de lui. Ils interrompirent leur discussion tranquille pour regarder non sans surprise et une certaine curiosité la gamine devant eux.

“Bon sang, Kent, qu’est-ce que nous as ramené cette fois ?”

Le type qui venait de parler, celui qui était assis, devait avoir la trentaine bien tassée, des cheveux bruns attachés sommairement encadrant un visage buriné et mangé de barbe où étincelaient deux yeux gris, et tout dans son allure ou sa façon de se comporter, montrait qu’il commandait les autres. Il se redressa un peu, braquant le regard sur la fillette.

Nìamh releva le menton, plongeant bravement ses yeux d’émeraudes dans les yeux d’acier. Elle avait piètre allure, la petite, dans ses frusques vieillottes, ses chaussures au cuir élimé, et dans la cape presque trop grande pour elle, d’un autre âge. Ses cheveux d’ébène, humides de la pluie du soir, pendaient lamentablement autour du visage un peu creux. Elle n’était pas grosse, c'était le moins qu’on puisse dire, et le visage barbouillé d’un peu de suie pour éviter d’être trop facilement repérée lui donnait l’air d’un petit ramoneur, ou d’un raton à moitié noyé.
Et malgré son allure et sa peur et les légers tremblements qui continuaient de l’agiter presque imperceptiblement sous la cape, elle gardait ses yeux fixement dans ceux grisés du type en face d’elle, son visage reflétant sa volonté, son désir de survivre.
Aura-t-il vu les quelques instants avant, quand elle promenait son regard l’air de rien sur l’ensemble de la pièce, notant les portes, les objets, la distance entre elle et eux ? Bien sûr, il y avait peu de chance pour qu’elle puisse faire plus que caresser l’idée d’une fuite possible. Mais tant qu’on vit... on vit.

- Une mioche, chef. Répondit le mercenaire toujours derrière l’adolescente.
On est allé pour la mission, mais Garik s’est fait tuer sur le chemin, un mauvais coup dans une taverne. L’a pas vu venir la lame. Fallait pas jouer aux dés, on lui avait dit.
On est allé à la baraque, que vous aviez dit. C’était calme, mais on a trouvé la mioche en train de forcer le coffre. Et vu qu’on y arrivait pas, nous, sans Garik, l’a dit qu’elle filerait un coup de main en échange d’une chance de vous causer et d’pas crever d’suite. Marché honnête, m’est avis. On a la marchandise. Et on vous a ramené la fille comme promis. Elle est à vous, chef.


Le type aux yeux gris avait relevé les yeux sur le dénommé Kent durant son discours, son visage passant rapidement d’un bref accès de colère, front plissé, à un haussement de sourcil incrédule, avant d’en revenir à la gamine, de nouveau impassible.
Il l’étudia un moment du regard, frottant machinalement son menton barbu, tandis que ses deux compères commentaient à voix basse la mauvaise nouvelle, puis finit par se relever et se poster devant elle, droit, mains croisées dans le dos, la toisant du haut de son mètre quatre-vingt. Les deux autres se turent alors, et bientôt quatre paires d’yeux attentifs scrutèrent la jeune voleuse.

“Donc.” Le chef de bande s’exprimait d’une voix grave et légèrement rocailleuse.
“Tu t’es faufilée chez notre cible, t’as failli piquer ce qu’on devait récupérer, mais au final t’as fait un peu d’boulot pour mes gars. T’as eu d’la chance au final qu’ils t’tombent dessus, t’aurais pas du tout apprécié qu’on doive te courir après autrement, crois moi. Alors maintenant, donne ton nom, et parle, puisque tu as demandé à parler.”

La voix ferme, du moins c’est ce qu’elle espérait, celle d’une négociante, d’égale à égal.. enfin... c’était l’idée. Ne pas montrer sa peur, voilà le but.
- J’ai travaillé 3 ans comme apprentie dans un atelier de serrurerie. Je connais toutes les serrures ou presque. Mais j’ai du partir, le patron a eu deux gosses en même temps, il avait plus de quoi me payer. Il m’a filé à son frère. J’ai de bons yeux il parait, et il cherchait quelqu’un de pas trop cher pour l’aider. J’ai fait 2 ans dans sa boutique de bijoux. J’ai appris à reconnaître la valeur des pierres, des métaux. J’suis partie après. On s’entendait pas trop le patron et moi. Ca fait deux ans que je me débrouille.

Nìamh haussa les épaules.

- J’ai fait serveuse quelques semaines dans une taverne, mais j’aime pas qu’on me tripote. J’ai aidé dans une boutique aussi, à la vente. Du cuir. Je suis pas restée non plus, ça m’agaçait. Je tiens pas en place. Rester toute la journée dans une pièce... j’aime pas.
J’aime bien les serrures. Trouver comment les ouvrir. Les refermer pour que personne y arrive derrière. Faut ruser, faut leur parler, les charmer. Je veux continuer. Et bouger. Pas rester sur place, ça non. Je veux voir du pays. Faire des trucs que les autres font pas. Aller où ils vont pas.


La jeune fille reprit son souffle puis repris.

- Je mange pas beaucoup. J’suis volontaire. j’ai pas peur des bestioles ni des gens. Et je demande même pas d’argent, juste de quoi me nourrir et avoir un truc sur le dos qui soit pas miteux. C’est tout. J’sais obéïr. Ce que je veux, c’est être des votres. J’peux vous ouvrir toutes les portes que vous voulez. Suffit de demander.

Elle n’avait quasiment pas cillé pendant tout son discours, l’émeraude toujours dans l’acier de son interlocuteur.

Le chef mercenaire resta encore un moment à dévisager la fillette tandis que ses trois camarades échangeaient des mimiques et des regards surpris. Il finit par soupirer brièvement.

“Mouais. Qu’on soit clair, tu sais ouvrir des coffres, des portes, c’est bien, utile dans l’métier comme on dit. Mais le boulot, ça consiste pas qu’en ça. Des fois, on doit conduire des clients, du matos, en sécurité. Des fois, on doit buter des types. Faut avoir du cran. Faut savoir se battre, aussi. Tu sais t’battre, petite ?”

Les yeux gris s’étrécirent davantage tandis qu’il se penchait un peu vers Niamh pour ajouter :

“Je doute pas que t'aies du cran, la preuve, t’en as eu assez pour d’mander à mes gars d’te ramener ici. Mais ça fait pas tout. Le boulot, c’est pas toujours facile, ça peut merder, et là faut savoir s’en sortir sans dommages. Mes gars font du bon boulot et on a une assez bonne réputation. Alors, pour la garder c’te réputation, faut que tous mes gars soient à la hauteur. Tu piges ?”

Le visage de Nìamh changea de tout au tout, redevenant celui d’une enfant effrayée, sur le point de pleurer. Elle recula d’un pas.
- J’peux être à la hauteur... je peux ! Je vous jure !

Cette fois elle craquait. Loin de la petite teigne du début, les larmes commençaient même à couler sur ses joues. Elle leva ses mains à ses yeux pour les essuyer d’un mouvement un peu rageur devant cette faiblesse qu’elle affichait, et elle se tourna, comme pour se cacher.

La suite, le pauvre Kent, pourtant habitué aux coups foireux, ne s’y attendait pas. Pas d’une mioche. La jeune fille, vive comme un chat, se glissa sur son côté, attrapant sa dague d’un même mouvement et lui pointant contre le rein.

Fini les larmes, fini l’enfant. Nìamh tenait ferme, comme un manche il faut le dire, mais ferme, l’arme contre le mercenaire, le souffle lent, les yeux brillants. Plus de tremblements non plus. La peur n’était plus là. Elle était partie juste avant l’action, pour laisser place au calme froid, un peu détaché, qu’on trouve quand on va se lancer dans une entreprise à risque mais dans son domaine. Là où on sait qu’on devient soi.

- Je sais pas me servir d’une arme... c’est vrai. Mais au bout ça perce. Et si j’appuie, ça risque de le déranger.En désignant son otage.
Ce que j’ignore je peux apprendre. Et puis... Je peux fouiner n’importe où sans qu’on s’inquiete. Pas comme vous autres qu’on voit arriver d’loin avec vos airs de durs. Moi je peux aller là où vous allez pas.


Un bref regard de la part du chef apprit à l’otage improvisé que non, c’était pas une bonne idée d’essayer de flanquer son coude dans la jeune fille pour se dégager, aussi se tint-il tranquille, ravalant son exclamation de surprise indignée. Un geste de la main retint les deux autres types prêts à bondir, main sur la garde de leurs sabres, et l’homme aux yeux gris, lui, se contenta après un quart de seconde de surprise et une écoute attentive de sourire légèrement devant l’audace de la jeune fille avant de lâcher, laconique.

“Vrai. Apprendre, si tu veux, tu pourrais.”

Il s’avança d’un pas, tranquillement, réduisant l’espace le séparant de Niamh à un bon mètre, puis tendit lentement la main vers elle, paume ouverte vers le haut, vide. Si l’expression de son visage n’avait pas beaucoup changé, restant relativement sobre et impassible, ses yeux légèrement brillants témoignaient eux de son nouvel intérêt.

“T’es vraiment prête à apprendre, maint’nant ?” Son regard alla de l’arme dans la main de la gamine à la gamine elle-même, explicite.

Elle n’hésita pas. Retirant l’arme du dos du pauvre Kent, elle la tendit garde en avant pour la poser dans la main tendue.
Ca y est, c’était joué. De vie ou de mort, la partie était décidée.

- Apprendre, oui.

Le chef mercenaire sourit un peu plus, prenant l’arme pour la rendre ensuite à son propriétaire légitime qui la rengaina en grommelant.

“Alors bienvenue dans la bande de Conall Oakensword, gamine. Ton nom, c’est quoi ?”

- Nìamh. Nìamh Tìrnan.


Ses yeux d’émeraudes se mirent à scintiller . Elle avait réussi !

Un peu plus tard... un peu plus tard, elle laisserait à nouveau ses jambes trembler, la peur l’envahir après coup. Juste un instant. Mais loin des regards. L’important... c’était d’être en vie.










(Textes à 4 mains et 20 doigts : Nìamh et Thal... merci Thaaaaal Smile)
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Niamh
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MessageSujet: Re: L'en-vol   Ven 4 Jan - 21:37

J'irai pas dire que les mois suivant furent facile. Non.
Conall était un chef exigent. Un maitre intransigeant aussi.

Jamais je ne me serai plainte. Ça non. Même durant nos séances de combat. Jamais je n'ai abandonné, quitte a tomber dans les pommes, ou à recevoir des coups qui en aurait fait frémir plus d'un.
J'étais pas des plus douée. Rapide oui. Souple parfaitement. Mais le jeu des feintes, attaques et contre-attaques m'ennuyaient totalement. Et même si j'apprenais, je n'y mettais pas le cœur à y exceller.

En revanche, je mettais un point d'honneur à forcer toutes les serrures qu'on me présentait, a apprendre le mécanisme des nouveaux systèmes. Je fredonnais, joyeuse, devant un verrou qui me résistait un peu, et je m'y cassais les dents jusqu'à pouvoir l'ouvrir les yeux fermés.

Et puis, rapidement je fus utilisée pour l'information aussi. Jeune fille de 14 ans, je trouvais facilement du travail en ville, et personne ne s’inquiétait de ma personne.
La comédie ça me connaissait. Fille de fermière, mendiante, apprentie, servante... je passais par tout.
Dem', le doc de la compagnie, m'apprit même les manières pour devenir jeune fille de bonne famille. Le regard si sage, baissé, si loin de ce que j’étais. Le sourire discret, les joues roses, et les robes d'enfants simples de soie.
Les révérences aussi. Celle pour un prince, pour un roi, pour un comte, un chevalier, un simple bourgeois. La légère inclinaison de tête pour un maitre-artisan, le dédain pour le serviteur et le mépris pour le loqueteux.

Mais pour le regard de charme, c'est à Lyès que je le dois.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Sam 5 Jan - 0:04

Lyès.

Un soir après une mission éprouvante et réussit, ils partirent tous en ville. Je suivais en silence tendit qu'ils beuglaient le rhum et buvaient les chansons.

Leur destination était évidente : le bordel. Voilà plus d'un mois qu'ils n'avaient pas vu de femme. Ils étaient temps de remédier à ce petit tracas masculin.

C'est dans un boudoir enfumé et parfumé de vilaine qualité qu'on fit naufrage. Dans des rires et des gloussements, des jupons a demi relevés, dévoilant les cuisses de ses dames avant qu'elles ne soient posés sur celles de ces messieurs de grands chemins.
L'alcool encore.

Et on m'a oubliée.

Assise dans un coin, attendant que le temps passe, au fait que les hommes aimaient ce genre d'endroit qui m'était pour autant inconnu, j'observais néanmoins les lieux et ses occupantes.
La plupart des robes n'étaient pas fraiches. Ni même de belle qualité. Si souvent reprises. Mais propres.
Les visages fardés des jeunes pour les rendre un peu moins jeunes, des vieilles pour cacher la lassitude d'une vie épuisante et rude, pour dissimuler les marques de la vérole aussi, étaient joyeux dans le tintamarre des faux compliments d'usage pour les préliminaires.

Petit à petit elles emmenèrent mes compagnons dans les chambres du haut. Et je restais seule au milieu des cadavres des bouteilles vides.

- Viens ici, petite !

Tournais-je mes yeux vers la droite, qu'ils se posèrent avec méfiance sur une femme d'une quarantaine d'années, les cheveux roux savamment travaillés, les yeux grisés aux pattes-oies généreuses.

- Allez, viens là !

N'ayant rien d'autre à faire, et poussée par la curiosité je suivis la femme dans une pièce, un petit salon.

- T'allais pas t'morfondre comme un vieux chardon en attendant les hommes quand même ! Approche ma jolie que je te vois.

Me menant par le bras comme une amie jusqu'au chandelier le plus proche, elle me tourna face à elle, et m'observa un instant. Elle finit par remonter mes cheveux détaillant mes yeux d'émeraude.

- De beaux joyaux que voilà ma jolie. Tu vas avoir du succès auprès des hommes tu sais ?

Je crois qu'elle vit ma mine indifférente face à cette prodigieuse déclaration. Elle me fit assoir sur un vieux canapé, et vint m'expliquer comment le monde fonctionnait d'après elle.
Les femmes possédaient le pouvoir de damner n'importe quel homme pour peu qu'elles soient un peu bien faite. Leurs sortilèges étaient d'une œillade, d'un sourire, d'un mot, d'un souffle. Et tout était à leur portée, information et fortunes, quand elles savaient charmer. Et elles pouvaient obtenir ce qu'elle voulait.

Si c'est distraitement que j'écoutais son discours passionné, elle me demanda une seule chose. Celui d'observer les hommes et les femmes ensemble, et si on se revoyait, d'en dire ce que j'en avais pensé.

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"Eh ! De quoi est-ce qu'on parle là ? De celui qui m'a dérobé ? Quel bruit fait-on là-haut ? Est-ce mon voleur qui y est  ? De grâce, si l'on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie qu'on m'en dise. N'est-il point caché là parmi vous ?" (l'Avare, Molière)
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MessageSujet: Re: L'en-vol   Mar 8 Jan - 9:50

Je devais revoir Liès régulièrement. Évidemment.

Elle gérait d'une main de maître son établissement, avec chaleur mais autorité.

Je ne l'ai jamais vu en compagnie d'un homme, mais j'ai appris avec le temps qu'elle se réservait maintenant pour quelques clients particuliers. J'ai longtemps suspecté Conall d'en être.

A chaque fois que je venais en compagnie des autres mercenaires, j'attendais sagement qu'ils aient fini leurs ébats. Au moins pendant ce temps, étais-je au chaud.

Souvent Liès venait me parler, m'emmenait dans son salon-bureau privé boire une tasse de thé. Elle continuait ses bavardages sans se soucier de savoir si j'étais attentive ou non.

Au bout d'un moment, elle me reprit d'un "tiens toi droite, trésor, c'est pas à ton âge qu'on doit se faire bossu". Je l'appréciais, ne serait-ce que pour me permettre de passer le temps. Bon d'accord, sa bonne humeur aussi était appréciable, aussi, cette fois l'ais-je écouté et me suis redressée.

Un sourire en coin, elle me laissa tranquille cette fois-ci. Mais bien évidemment, la fois suivante, elle rajouta un "Fait moins de bruits quand tu bois, on dirait un âne".
Cette fois-ci elle s'attira un regard noir. Et bien entendu, je m'amusais à boire encore plus bruyamment.
La fois suivante en revanche, j'étais plus discrète qu'une souris. Oui, elle m'avait vexée.

Elle continua son manège. Entre bavardages sur la pluie, le beau temps, un peu de politique parfois qui restait souvent en simple monologue ne voyant rien à répondre à ce que j'ignorais. J'eu aussi le droit au printemps suivant à un cours sur l'art florale, sur la dernière mode en vogue auprès des bourgeois, sur le ridicule de la nouvelle habitude, sur le dernier mot d'esprit entendu auprès d'un salon de la ville, où les derniers commérages sur la boulangère, du boucher qui trompait sa femme, etc etc etc.

Elle s'ingéniait à placer ses conseils, presque des ordres. Une fois d'ailleurs, je me suis rebellée en lui répliquant acidement que je n'étais pas une de ses filles. Et elle me répondit d'un ton tranchant, que tout ceux sous son toit suivaient sa loi. Et que si je n'étais pas contente, je pouvais attendre dehors. Bon grè mal grè, je préfèrai boire silencieusement, me tenir droite, ne pas mettre mes coudes sur la table et autres subtilités stupides, qu'attendre dehors sous la pluie, ou le vent.

Ce que j'ignorai... c'était le coup foireux que me préparais Conall.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Mer 9 Jan - 18:42

Nouveau contrat pour la compagnie de Conall.

Son regard se posa sur moi.

Je ne sais pas pourquoi, mais je sentais venir le coup foireux.

- Approche Gamine.

Il m'observa attentivement de ses yeux d'acier un long moment, et je me retenais pour ne pas m'agiter nerveusement. Lui était bien entendu d'un calme parfait.

- Donc, on a une mission. Elle est pour toi. Tu vas aller voir Liès. Tu vas devenir une de ses filles. Mes hommes feront la clientèle, l'temps que tu t'installes dans les lieux. Elle a un client, la cible, qu'elle te filera quand ta situation sera bien faite. Tu feras comme tu veux, mais il devra être raide ce soir là. Clair ?

Je crois que j'ai bien du mettre 5 minutes avant de répondre. Le visage figé. Pour une fois, il me les accordait. Il savait ce qui me demandait. C'était un test aussi.

- Clair.

Ma voix bien qu'un peu légère, n'a pas bafouillé.

- Pour les détails, c'est Liès qui s'en chargera. Des questions ?

- Pas de question.

Il désigna la porte. Pas besoin de long discours : je suis sortie, et je suis allée voir Liès.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Mar 15 Jan - 8:04

Elle m'attendait.
A sa décharge, je dois reconnaitre que je n'ai pas vu de sourire triomphant. non.
Elle m'a simplement mise devant elle, et m'a jaugé de pied en cape, comme on juge d'un morceau de viande sur l'étal, avant de hocher la tête d'un air professionnel.

- Y'a du boulot. Mais c'est faisable.

Elle m'a fait entrer dans son habituel salon, puis elle a disparu un instant avant de revenir avec deux ou trois robes et des dessous. Dois-je vraiment vous expliquer que je ne savais pas du tout comment et où ceux-ci pouvait se porter hormis la pièce classique ?
Elle a du voir mon regard.

- Je crois qu'il va falloir revoir les bases...

Voilà un moment que je vivais seule, ou au milieu des hommes. Et puis j'étais toute jeune encore. J'avais du passer à côté de la case "les arts féminins". Oh, je n'étais pas ignorante d'une certaine théorie. Mais ça s'arrêtait à la-dite théorie, et pas du tout aux détails techniques.

Il fallu un bon moment avant que je ne comprenne comment enfiler tous les lacets, les jupons, les... Bon d'accord, on ne peut pas dire non plus que j'étais grandement enthousiaste. Mais je m'appliquais. C'était un test n'est-ce pas ?
A un moment, je me suis tout de même posé la question... et s'il m'avait vendue à Liès ? Après tout une fille de joie rapportait peut-être plus qu'une jeune voleuse aussi talentueuse soit-elle.
J'écartais cette possibilité de mon esprit. Il le fallait. Et puis, n'étais-je pas trop douée pour en arriver là ? je notais dans un coin de ma cervelle de m’évertuer à continuer à être toujours la meilleur. sait-on jamais s'il s'agissait d'une menace voilée...
Venait ensuite la séance des fards et autres joyeusetés du maquillage. Lumière.... sauvez moi !
Liès préféra oublier pour le moment l'idée de m'apprendre à le faire et s'en chargea elle-même.
Et puis, la coiffure, les bijoux... le seul détail intéressant de toute cette histoire selon moi.

Et puis elle me mit devant un miroir.

Cette fille là était... plutôt pas mal. Elle devait être plus vieille que moi. De grands yeux verts, des cheveux de nuit remontés en chignon savamment dérangé de quelques mèches. Des formes encore jeunes, certes, mais résolument féminines dans une robe d'un bronze chaud. Jusqu'aux mains longues et fines, aux poignets cerclés de bracelets cliquetant...

J'ai bien mis 5 secondes avant de comprendre que c'était moi.
Et je crois que je me suis fait peur.

Où était Nìamh dans ces froufrous de... fille ? De fille !

Liès me servit un verre de rhum que je bu d'une seule traite avant de me rendre compte que c'était du rhum, avant de m'assoir, plus pâle que la mort.

Il en fallait beaucoup pour m’impressionner, mais la matrone avait réussi là où même Conall échouait.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Jeu 20 Juin - 8:58

-Elle te va bien.

J'étais dans le salon, dans un coin, pendant que les autres filles papotaient tranquillement de ragots et d'autre, engoncée dans mes froufrous d'un brun chaud qui me dérangeaient. Ça grattait, ça serrait. "Ça" était une vraie torture. Et je ne vous parle même pas des chaussures. Seul le chignon me semblait être plus confortable que la tignasse emmêlée qui me servait habituellement de coiffure, dégageant mes yeux sans avoir plein de mèches rebelles devant.


-Elle te va bien.

Je me tournais vers la voix claire, douce mais rieuse.
La jeune femme qui venait de parler devait avoir 17 ou 18 ans. Elle était... magnifique.
Des yeux d'azur ourlés de long cils noirs, et une chevelure d'or savamment coiffée toute droit sortie d'un conte. Elle avait des formes plus généreuses que certaine, mais pas trop, juste assez pour donner l'impression d'une jeune femme pleine de vie et amoureuse de ses plaisirs. Elle portait ce jour là une robe d'un rouge grenat profond brodée de quelques fleurs d'or aux ourlets.

- C'était une de mes robes, avant que... Elle ne finit pas sa phrase, désignant simplement ses formes un peu rondes avec un sourire espiègle. Tu dois être Nìamh.  Moi c'est Méhandre. Je suis la fille de Liès.

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MessageSujet: Re: L'en-vol   Jeu 28 Nov - 9:52

- Cendre, tu t'occupes de la gosse.

L'interpelé, un homme aux cheveux poivre et sel, bien que jeune ,qui lui eut valu son surnom, jeta un coup d’œil sur la petite brune plus occupée plus loin et hocha la tête.

- Les gars, j'vous préviens, si j'en attrape un à mettre ses grosses paluches sur la petite, je vous fais pendre haut et court. Bien. La cible est Detheran Meredith, un type de la haute, propre sur lui, friqué, qui a eu le malheur de fâcher les mauvaises personnes.

C'est la gosse qui se chargera du boulot en rite de passage, et pour vous ça va être les vacances aux frais de la princesse. Surveillance, protection, et faire les beaux avec la petite pour assurer sa couverture. Clair ?

Les quatre mercenaires acquiescèrent dans un enthousiasme certain, assurés qu'ils étaient de profiter de quelques jours au chaud, avec des repas fournis, et la possibilité aussi de se distraire pendant les temps de repos.


La tenancière du bordel avait été grassement payée. Au vu de la somme promise, elle avait accepté Niamh avec empressement dans son établissement aux conditions exigées.

Les hommes de Conall venaient au bordel, payaient, et choisissait la jeune brune. Aucun autre n'en voyait jamais la couleur. Niamh et son client de la soirée s'éclipsaient dans une chambre comme tous les habitués et...

... jouaient aux cartes, bavardaient à demi-mot, ou s'ennuyaient en regardant les flocons tomber par la fenêtre, la brunette ne pêchant pas par excès de bavardage.
Puis, l'homme repartait, vantait les mérites de la jeune fille à qui voulait l'entendre.

Niamh exécrait ses tenues et cette inactivité pesante.


[en cours]

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