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 Des années de vie pour quelques rêves - Les Magtorus

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Anémyce Greenhall
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MessageSujet: Des années de vie pour quelques rêves - Les Magtorus   Jeu 3 Jan - 13:22

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Anémyce Greenhall
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MessageSujet: Re: Des années de vie pour quelques rêves - Les Magtorus   Dim 11 Aoû - 5:58

L'introspection du jeune loup

Nicel avait avec gentillesse nourrit l'âtre de la chambre suffisamment pour qu'un grand feu en réchauffe les quatre épais et larges murs. Durant les nuits dans les Bois-aux-Bruines, à l'intérieur du Manoir, on entendait plus que le crépitement de l'ensemble des feux et on ne voyait plus que le rougeoiement des flammes. Des danses ardentes levant des jupes de braise, dont chaque pas contribuait à la chaleur des lieux, en nuances d'ambre et de rubis. Les lieux demeuraient chaque fois tamisés, mystérieux, une ombre dantesque planant perpétuellement dans les coins, que même le plus éclairé soleil ne pourrait étouffer.

Le Baron était posé sur un riche fauteuil de cuir verdâtre, de ces œuvres confortables et pompeuses sur lesquelles l'on pourrait vivre et mourir sans ne jamais perdre en classe ou en austérité. L'âtre couvrait d'une cape ardente son dos. Il mirait devant lui, faisant face à ses songes et à ses rêveries avec la morne expression de la nostalgie ou du regret, sa pilosité renfrognée taillée avec précision, sa chevelure gominée avec la dextérité du plus élitiste des tireurs, et c'est au scotch et au cigare qu'il s'alimentait alors, combattant la fatigue et les noirceurs à coup de quilles et de quintes. A combien de verres en était-il ? Aucune idée. Assez, assez...

Une voix repoussa d'un souffle aisé les volutes anthracites qui planaient, calmes, dans les hauteurs de la pièce. Elle était rude mais calme, masculine, rugueuse. Pourtant dans ses profondeurs caverneuses, elle avait cette douceur sibylline, à l'instar des plus doux mystères. « Vous buvez beaucoup, mais parlez peu, Aldorey. Serait-ce de la peur ? »

L'individu lorgnait sur le Baron avec l'avidité du connaisseur, le regard de celui à qui on ne cache jamais rien. De celui qui sait toujours, qui attend, dans sa longueur d'avance, de vous emboîter le pas avec allégresse. L'ombre du Kelbourg se faisait son voile, le recouvrant tel un linceul noir et tangible, le masquant de toute lumière. Seules ses prunelles buvaient encore le feu de l'âtre dansant, présentant deux yeux rieurs noyés dans le savoir et la félicité, félins. Parfois on pouvait le voir sourire, d'un long et interminable. Un sourire... un sourire sans fin, donnant de la littéralité à l'expression de l'avoir jusqu'aux oreilles. Bien qu'il était impossible de pouvoir lire quoi que ce soit en lui, de ne pas pouvoir dire quelle couleur il portait, quel vêtement, s'il était beau ou laid, grand ou court, maigre ou imposant... il était possible de voir qu'il ne restait pas en place sur son siège, bougeant doucement, gigotant. Il s'y tenait bizarrement, sur son siège, cet homme. Affalé contre un accotoir, laissant ses jambes se promener sur celui d'en face. Siéger n'avait aucun sens, pour cet inconnu, il se couchait à l'horizontale plus volontiers qu'à la verticale.

Le Baron reposa son verre après une nouvelle gorgée. « Je ne suis pas vous, mon Oncle. Je n'ai ni votre froideur, ni votre implacable pragmatisme. Et je ne suis pas fou, pas paranoïaque. Ce n'est pas de la peur, non, c'est autre chose, Velenskins. » Le protagoniste avança sa tête, elle était celle d'un vieillard aux cheveux blancs et courts, la face plutôt qualifiable de gueule, celle d'un vieux loup fatigué et vénérable, où trônaient en maîtres deux yeux d'un givre à glacer le sang. La tête mira Aldorey un temps et retourna dans son antre, invisible et illisible.

« Serait-ce ce fouineur, dont on entend parler depuis des mois ? Serait-ce ce curieux, qui instaure un climat de crainte au sein de notre fraternité, de notre groupe, de notre ensemble ? Aldorey... serait-ce de l'inquiétude ?
_ Il est des plaies, répliqua le jeune Baron, qui ne méritent pas d'être rouvertes. Des plaies qui demandent bien du temps pour se refermer, pour se résorber en roseur sur la peau de la tranquillité.
_ Inquiet, ria l'autre.
_ Nous y étions presque. Morgan Dix y était presque. Nous avions notre savoir à porté de main, il ne fallait plus que le saisir, plus que le mettre en commun et l'assembler. Greenhall, Dillinger, Kelbourg et Magtorus, nous avions fait en sorte de perpétuer les travaux de ceux qui n'étaient plus. Nous avions déposé les armes au profit de la connaissance et des sciences. Mais tu es revenue, belle-mère, et au lieu de profiter de ta part, tu as convoité l'assemblée.
_ Inquiet.
_ Je ne suis pas inquiet, Attrimine, car tu n'es plus. » Le jeune loup cracha une peine mélancolique dans une vague grisonnante de fumée. Une nappe épaisse et orangée au croisement de la lueur des flammes.

La tête revint, transperçant le mur en volutes de ses courbes et de ses formes. Elle s'en nimba, l'inspira et le souffla. Elle était celle d'une femme sans âge, entre vieillesse et jeunesse, un étrange mélange de rides difficilement masquées et d'exquises beautés juvéniles, les yeux vairons, entre le vert et le bleu. Elle mira Aldorey un temps, et retourna dans son antre, invisible et illisible.

« Il a ouvert la porte des Bois de la Pénombre, avec un ami, ai-je entendu. L'ami est mort, mais lui enfuit. Envolé. Disparu. A l'instar de nos lettres et de nos proses. Dégagé. Volatilisé. A l'instar de nos livres et de nos matériaux. Nous n'avons point son nom, nous n'avons point son visage. Serait-ce du doute, Aldorey ?
_ Quelle ironie de voir s'accaparer la connaissance, répondit avec amertume Aldorey, dans la méconnaissance. Peut-on dire qu'il nous enlève une épine, ou peut-en dire qu'il nous en enfonce une ? Ce n'est pas du pouvoir, pas du savoir ou de la sagesse que cet individu s'est adjugé, c'est un de nos pas vers un monde plus sain.
_ Vous doutez.
_ Notre cause n'est pas mauvaise, notre cause est bonne. Notre cause a toujours été bonne, je n'étais pas né qu'elle l'était. Nous voulions savoir, nous voulions connaître et contrôler. Pas de mal, pas de malheur. Je ne doute pas, Van, mais il a fallu que tu t'écartes, il a fallu que tu cherches ailleurs, que tu te dispenses de ton travail au profit de maints autres. Sans ton regard sage papa, tous dansèrent au pied du trône, une main dans la main de l'autre, le couteau serré dans le dos.
_ Vous doutez, rit-il.
_ Je ne doute pas, Van, car tu étais bon de ton vivant. »

Une tête dégingandée s'engouffra là où la lumière la rendait visible, dodelinant avec une mécanique psychédélique. Un tapis broussailleux de cheveux bruns en recouvrait le crâne, sur deux yeux d'un vert d'émeraude, à scintiller de malice. C'était une face rude et souriante, une brutalité douce et tranquille. Elle mira Aldorey un temps, et retourna dans son antre, invisible et illisible.

L'être lugubre se mit à rire, à taper dans ses mains tout en restant avachi sur le siège avec une impolitesse totale. « Je sais, commença-t-il à crier, Aldorey, je sais ! » Le Baron restait de marbre, terminant son verre en tordant ses lèvres, dégoûté du spectacle, dégoûté de lui-même sinon, l'ivresse prenant le dessus avec une aisance totale. Une gratuité irrationnelle.

« C'est de l'envie, Aldorey ! C'est de l'envie.
_ De l'envie, tu dis ? Le Baron reposa son verre, le regard fatigué et épuisé.
_ Non, ce qui te brise, ce qui te concerne, oh mon petit, toi que Morgan Dix a si gentiment déposé sur le trône à la mort de ta belle-mère, toi qui n'a jamais été confronté au vieux loup, à ses détresses, ses peurs et ses folies, toi qui n'a vu d'un père que ses fuites et ses intérêts. Toi, ce qui te brise, ce qui te concerne, c'est ta future famille. Son avenir. Son devenir. Tu as enviiiiiie, enviiiiiie ! Haha ! » L'inconnu des ombres se laissa hoqueter un temps, à rire au point de ne plus pouvoir respirer. Ses mains brisèrent un temps le sombre de l'ambiance pour montrer qu'elles s'apposaient sur son visage, pour le cacher et l'aider à contenir son fou rire. « C'en est peut-être, reprit avec calme Aldorey, mon ami »

« C'en est. Tu es rusé. Tu es... astucieux, brave petit loup. Tu te moques des plaies, tu les laisses au passé, tu les laisses à Morgan Dix. Si tu l'aides encore, si tu participes à tout cela, c'est pour lui donner cette histoire, ce passé, et garder pour toi seul ta famille. C'est ainsi que tu crois faire fonctionner cela ? En lui laissant les dettes, et en prenant tout le crédit ? Astucieux, mais audacieux. Une femme et des enfants pour monsieur, mais quoi pour Morgan, sinon le bon vieux démoniste et ses travaux ? »

En faisant grincer avec l'aigu strident des boiseries le siège, la tête revint se projeter face au Baron. Plus proche que les dernières fois, plus naturelle et plus effrayante. Elle était celle d'un homme aux cheveux mi-longs et noirs, sans coiffe et sans artifice, laissée à elle-même, tempétueuse et lisse, propre. Ses yeux étaient entourés d'un khôl épais et large, fondant et allongeant son regard d'un épais noir mat, tout comme son sourire, ses lèvres noires et étirées par ce même khôl jusqu'aux oreilles. « De l'envie, dit l'homme » Elle mira Aldorey un temps, et lui s'en détourna pour écraser son cigare.

« Oui, Flesh. J'ai envie de ça. » Quand il revint à son interlocuteur, le siège était vide. Aldorey se releva, se massa les yeux et le visage, plus fatigué que jamais. Les vapeurs d'alcool embrumaient sa perception, il tituba avec douleur sur sa jambe meurtrie jusqu'à son lit, pour s'y effondrer, s'endormant net.

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