Forum de la guilde RP Le Talandra, Navire marchand des mers d'Azeroth, sur le serveur Kirin Tor du MMORPG World of Wacraft.
 
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 Naissances au Talandra

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Narration

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Messages : 37

MessageSujet: Naissances au Talandra   Mer 13 Mar - 14:41

Texte à trois mains : Eyaell, Nathan, Caodh
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5ème jour du 3ème mois de l'an 33.

Il était deux heures passées, la nuit pleine et les étoiles scintillantes dehors. La jeune femme regardait le plafond de la pièce qui abritait normalement son sommeil essayant de respirer calmement sans alarmer son compagnon.
Bon... si je panique, il panique, on panique et c’est le drame.
Oh il avait bien dit avoir l’habitude des enfants, sauf que là, la situation n’était pas la même : c’était les siens. Et dernièrement il avait tendance à la surprotéger comme si le moindre souffle de vent risquait de la renverser. Alors dans le doute...
Elle attrapa son com, et sur une fréquence privée, chuchota quelques mots.
-Caodh ? Je crois.. qu’il faudrait que tu viennes.
Sa voix lui paraissait contrôlée. En réalité, elle tremblait, essayant juste de ne pas céder à toutes les peurs qui la tenaillaient depuis quelques jours.
Elle secoua alors doucement son compagnon.



A vrai dire, elle n’eut pas besoin de se donner cette peine : tout juste Eyaell se tournait-elle que Nathan lui faisait face, bien réveillé, les yeux brillants dans la pénombre. Sans rien dire, il se pencha sur la jeune femme le temps de lui embrasser le front, comme pour l’assurer de son soutien ou lui insuffler un peu de calme et de courage puis, se redressant, quittant la couchette, repoussa d’une main sûre les draps qui couvraient encore le ventre alourdi d’Eyaell. Une caresse sur celui-ci lui suffit pour avoir confirmation : enfin, ils arrivaient.
- Ca va aller, chuchota-t-il. Ca va bien se passer.”
Puis, après un temps et tandis qu’il cherchait de quoi illuminer la pièce, s’affairant pour masquer sa propre excitation, sa propre crainte :
- Faut de l’eau et des linges. Espère qu’il y pensera.”



Eyaell fit une moue. Ca va aller, ça va aller, c’est facile à d.... wouuuuuh ! Elle souffla, attendit que ça passe. Et là de se poser 50 questions à la seconde, reprenant le naturel.
Et si ça se passe mal ? Et combien de temps ça va durer ? Et s’il y a un problème ? Et comment on va faire après ? On a pensé à tout ? Et si elle n’était pas prête ? et si... ?
Ne.. pas... paniquer.
Et si je veux paniquer d’abord hein ?! Et ce grand dadet de druide là, qu’elle n’aura même pas réussi a déranger en plein sommeil... et qui fait comme s’il s’y attendait... comment ça il s’y attendait ? Oui et bien non. Il aurait pu souffrir un peu aussi, manquer de sommeil, compatir. Ces pensées là manquait un peu de paladinité, de Luminosité, d’un tas de choses. Mais ça l’occupait.
Elle plissa les yeux.... observant son compagnon qui s’affairait... cherchant...cherchant la preuve que son apparente maîtrise de la situation était du flan. Il n’y avait pas de raison qu’elle soit la seule à paniquer.



Non loin de là, dans une de ces maisons au toit et aux murs de bambous, tout était calme. Enfin, presque calme. Le silence fut soudain troublé par le grésillement d’un des deux communicateurs en possession des occupants des lieux. Son propriétaire poussant un grognement et ouvrit un oeil, appuyant sur la touche d’écoute.
“Caodh ? Je crois... qu’il faudrait que tu viennes.”
“Oh, flûte.”
Il tressaillit légèrement au son de cette voix si reconnaissable et, les deux yeux bien ouverts cette fois-ci, repoussa doucement les couvertures et l’ombre endormie qui se servait de lui comme oreiller et se releva rapidement.

La silhouette aux côtés de Caodh se tourna, grommela un truc inaudible, puis se rendormit aussi sec.

Il enfila ses bottes, attrapa une chemise et la passa à la va-vite, puis saisit sa précieuse sacoche de médecin... Avant de faire trois fois le tour de la pièce unique que comportait la petite maison le temps d’apaiser cette subite montée d’adrénaline -qui avait au moins eu le mérite de le réveiller- et de réfléchir un peu.
“Bon alors... Désinfectant, c’est bon, matériel de suture : paré, linges... Linges... Flûte, où est-ce qu’ils sont ?”
Un petit tour à l’infirmerie permit au druide de piocher dans les réserves une bonne quantité de linges et de couvertures ainsi que plusieurs récipients de métal, seaux et bassines. Une gentille gueulante adressée en canal privé réveilla assez Dorian pour qu’il parte en marmonnant des paroles indistinctes puiser de l’eau au lac proche, tandis que Caodh filait en avance, chargé de paquets de tissu et de son matériel de soigneur, en direction de l’antre de son chevalier.



Caodh avait sans doute pris son temps.... il était lent à venir.
Elle se tapa sur la tête mentalement. Bon ça suffit les bêtises oui. Le temps devait paraître plus long... ou plus court. Elle essayait de se calmer. Il ne devait pas être bon de continuer avec cette inquiétude poisseuse qu’elle espérait ne pas transmettre.... et ce n’était sans doute pas réussi.
D’ici peu, elle serait maman. Si tout se passait bien. Elle en avait fait du chemin jusqu’à ce jour. Elle réussit à faire un léger sourire à son compagnon, entre deux temps de douleur, lui dire qu’elle l’aimait. Le temps passant, elle arrivait à sortir de ce premier moment de frayeur pure. Une fois le mur sous les yeux, et à ses pieds, on se rendait compte qu’il était quand même bien haut à sauter.
Elle s’installa du mieux qu’elle pouvait et, comme elle n’avait rien d’autre à faire, tenta de chantonner un peu, une mélodie lente, mais rythmée, berçante : Pour eux, pour lui et pour elle.



“Bon allez, une dernière inspiration, là, on se calme, et on y va.”
Il inspira profondément, puis frappa et ouvrit la porte calmement. Après tout, il n’y avait aucune raison de s’affoler, comme il l’avait assuré à Eyaell... Ca n’était pas la première fois qu’il assistait ou supervisait un accouchement, et en plus avec deux druides à ses cotés elle ne risquait pas grand chose...
Enfin, il devait avouer qu’il se sentait particulièrement concerné par celui-là, ce qui lui était très rarement arrivé : ce n’était pas qu’une simple connaissance, voisine, non, c’était son chevalier, et rien que pour ça, il sentait un noeud se former lentement au creux de son estomac.
Sans attendre, il commença par poser ses affaires dans un coin, puis mis une bassine sur le feu et y déversa le contenu du premier seau ramené par un Dorian essoufflé et pas bien réveillé.
“Merci gamin, m’en faudrait encore cinq ou six comme ça.”
Et le demi-elfe repartit en râlant tout ce qu’il savait.
Un coup d’oeil à Eonath, un bref signe de tête, et Caodh s’avança alors vers son chevalier l’air aussi assuré et rassurant que possible.


Paniqué n’était peut-être pas le mot, mais anxieux, il l’était sans conteste. Pour preuve son agitation grandissante dans l’attente de Caodh, le grondement léger, persistant, au fond de sa gorge, et surtout l’armure : elle ne cessait de grincer, de fleurir et de s’entrelacer dans un complexe jeu de lianes, comme si le symbiote cherchait à exprimer tout le ressenti que le druide s’efforçait de masquer à sa compagne - pour ne pas l’effrayer, ne pas participer à sa panique.
Il avait fait ce qu’il pouvait ; et, revenant vers elle, profita d’un instant de tendresse et de répit. La confidence d’Eyaell le fit sourire, oui, ce à quoi il répondit en lui embrassant la main, puis le front. En revanche, l’arrivée de Caodh et de son jeune assistant provoqua chez lui une réaction un peu plus brutale. L’instinct protecteur déployé à son maximum, il lui fallut prendre sur lui pour ne pas se jeter d’entrée sur les deux individus et les écorcher vifs dans le même temps.
Le regard méfiant, Nathan s’écarta un peu de sa compagne pour laisser Dorian et l’écuyer d’Eyaell disposer leur matériel. La nervosité des uns et des autres empoissait l’atmosphère, à peine détendue par le fredonnement de la jeune femme. Il lui serra de nouveau la main, doucement, tendrement, lui demanda comment elle se sentait, si elle ne souffrait pas trop. Les choses sérieuses n’allaient probablement pas tarder à commencer.



Eyaell les observa avant de soupirer.
Ils vont vraiment me faire peur....
Ils pouvaient toujours faire semblant, elle parmi tous, ne pouvait être dupe.
Le temps passait néanmoins, les moments pénibles étaient de plus en plus fréquents, la tension montait aussi, mais, en même temps, elle avait d’autres choses qui retenaient son attention. Et elle n’avait plus les moyens non plus d’épargner à ceux qui la touchaient les pics de douleurs qui l’étreignaient.
Les heures défilaient, et il semblait que ça n’en finirait pas.
La jeune femme s’efforçait d’être courageuse... mais si elle avait pu détaler à ce moment là, peut-être qu’elle l’aurait fait.
Quelle heure était-il ? Peut-être 8h ? le soleil était levé déjà depuis un moment. Bientôt elle les aurait dans ses bras... bientôt.
Des minutes de plus, elle fatiguait. Elle voulait que ça s’arrête. Elle s’en fichait des “ça va aller”, elle voulait juste que ça s’arrête. Peut-être même qu’elle râle après son écuyer et après son compagnon, elle ne sait plus trop, ça commence à être flou. Leur compassion l’agaçait, elle ne voulait pas qu’on compatisse avec elle, elle voulait juste en finir.
Le soleil montait toujours dans le ciel, lentement.
Et puis...
Et puis ce fut le moment. Les deux petits êtres qu’elle portait depuis des mois se décidaient enfin à se manifester.
Mais déjà si fatiguée... elle n’y arriverait pas... si ?


Un regard vers Eonath lui avait suffit pour comprendre la situation.
“Aie, le voilà qui rejoue les chefs de meute. Bon, on va ménager un périmètre de sécurité, hein...”
Il avait alors décidé de prendre tranquillement et sans heurts la tête des opération, le laissant s’occuper de rassurer et câliner sa compagne. Il avait déjà assez à faire avec l’aura de tension qui planait, l’entourait, le menaçait, pour en plus se heurter à un loup grogneur. Il se sentait devenir nerveux, très, trop, sans raison... Jusqu’à ce qu’il en comprenne l’origine, quand des pointes de douleur commencèrent à se faire sentir.
“Je me disais bien que j’avais pas prévu un truc dans tout ça.”
Il sentait nettement le don à double tranchant de son chevalier, elle qui encaissait d’ordinaire les tourments des autres, voilà qu’elle se mettait à irradier de sa propre souffrance. D’en connaître l’origine ne faisait rien pour calmer la sensation, mais bon, au moins il savait que ce n’était pas lui.
Les heures passaient, il surveillait sans relâche l’avancée du travail, supportant les décharges empathiques comme il pouvait lorsqu’il devait toucher Eyaell. Laissant Eonath se charger du soutien moral de sa compagne, lui jouait les médecin-accoucheur, comme il avait du le faire si souvent déjà.
Il y avait du sang partout désormais, on imagine pas la quantité qui en est versée lors d’une mise au monde. Intérieurement, il se disait que bien de rudes et fiers guerriers auraient filé sans demandé leur reste depuis un moment. Dorian avait d’ailleurs filé depuis un moment lui, sitôt une quantité suffisante d’eau amenée.
Et puis, lentement...


C’était long, terriblement long, plus long qu’il n’aurait pu l’imaginer. Ce n’était pas tant le travail en lui-même, pourtant éprouvant, qui étirait à ce point les minutes et les secondes. C’était l’empathie de la jeune femme et les vagues de souffrance qu’elle envoyait par mégarde comme autant d’assauts, de décharges involontaires, contre tous ceux qui étaient présents dans la pièce. Il lui serra la main, plus fort. Bien entendu, elle avait maugréé contre lui, elle avait gémi, peut-être même qu’elle l’avait maudit dans son fort intérieur. Même si Nathan s’attendait à tout ça, lui aussi n’avait désormais plus qu’un seul souhait : en finir. Car à force de tension, son assurance se fendillait, la souffrance partagée lui arrachait des grondements, et plus d’une fois, sans doute, montra-t-il les crocs, tout comme il se retint de ne pas mettre dehors Caodh et son assistant : à l’instar de beaucoup d’animaux, la douleur et l’anxiété le rendaient agressif. Ainsi, se convaincre qu’il avait besoin d’eux - qu’Eyaell avait besoin d’eux - prenait une grande part de son énergie.

Le druide ne prenait plus vraiment la peine de rassurer sa compagne avec des mots. Depuis quelque temps déjà, il se contentait de fredonner, tout bas, comme il le faisait avant pour accompagner la voix de la jeune femme. Une berceuse basse, sourde, aux accents parfois grondant mais inlassable et maintenue, pour servir d’ancre, pour ne pas que l’empathie d’Eyaell les submerge tous.

Ca ne devait plus tarder... Ca ne pouvait plus tarder, sans quoi la situation pourrait commencer à devenir dangereuse pour la santé de la jeune femme.



Epuisée de temps d’effort et de souffrance, Eyaell pleurait à moitié, persuadée qu’elle ne s’en sortirait pas. Mais sous les encouragements de son écuyer et de son sauvageon de compagnon, elle n’abandonnait pas. Et il n’y avait pas le choix.

Et puis...
Le premier des deux enfants fit son apparition sous les efforts de la jeune femme. Petite tête au fin duvet, avant que le reste du petit corps fripé ne viennent à son tour.
Réceptionné par le plus jeune des deux druides, l’enfant après quelques secondes poussa le premier cri, premier pleur dans ce monde effrayant.



Les longues heures d’attente portaient enfin leur fruit, et Caodh aida ce premier bout d’humain à pointer son nez dans le monde extérieur. Bout d’humain... Ou plutôt bout d’humaine, une petite fille aux “cheveux” clairs qu’il remis ensuite presque cérémonieusement à Eonath une fois le cordon tranché.


La toute jeune maman leva le nez, essayant de voir son premier-né, inquiéte, curieuse, de savoir et le juger en bonne santé. Observant aussi son compagnon, sa réaction.

Toute agressivité envolée, côté Nathan. Recevant l’enfant dans ses bras avec beaucoup de délicatesse, il le flaira et le caressa, à la fois intimidé et émerveillé. Lui murmura quelque chose que le nourrisson fut seul à entendre avant d’émettre un rire bas, doux et heureux, et de l’envelopper avec soin dans un linge pour ne pas qu’il prenne froid : les manifestations de joie et de bonheur devraient encore attendre un peu, car le travail n’était pas terminé...



Quelques minutes après, c’est le deuxième qui arrivait. Plus lent à venir mais plus rapide à brailler.
Eyaell était totalement à bout de forces, mais soulagée.
La tête reposant sur l’oreiller, presque incapable de la soulever, la sueur encore au front, le teint déjà pâle, presque translucide, mais les yeux brillants cherchant à voir les petits êtres : qu’on les lui montre, qu’on les lui donne enfin !



S’occupant du deuxième avec le même soin et la même douceur que pour sa fille, Eo s’occupa avec Caodh de lui offrir une succinte toilette avant d’emmailloter le petit corps frissonnant. Les deux petits êtres, geignant encore sous la fatigue et l’épreuve de la naissance, furent enfin confiés aux bras de leur mère, à de nouvelles caresses aimantes. L’oeil brillant, les mains légèrement tremblantes, Nathan se taisait. Pourtant, avant d’aller rejoindre Eyaell pour profiter des premiers instants de vie de ses enfants - de LEURS enfants - il prit le temps, se tournant vers Caodh, de le serrer dans ses bras quelques secondes. Remerciement muet pour l’aide, témoignage de gratitude. Et la joie immense d’être père, bien sûr, de ces joies qui ne demandent qu’à être partagées !


Deux petites vies nouvelles avaient vu le jour. Les siennes. Ses enfants, ses petits.
Un regard pour son compagnon. Les leurs.
Le 5ème jour, du 3ème mois de l’an 33, Binan, en Pandarie, étaient nés Malyssa Ivaline Aelig et son frère Emrys Ailill Nathanaël, fille et fils de Nathan Eonath Hodgkin et d’Eyaell Constance Valorians.


Et Caodh s’éclipsa, presque aussi silencieux qu’une ombre, laissant le couple et leurs nouveaux-nés dans la bulle de bonheur qu’ils venaient de se créer.
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